LE MARCHE DE CONCURRENCE PURE ET PARFAITE   
un Marché virtuel quasi-parfait

 

Plan du cours

I. La conception du monde libérale 
  A.   Le socle philosophique  
  B. Le retournement libéral (  "grands anciens" de la pensée libérale en économie et moments décisifs ).   
   
II. Le modèle économique du Marché
( parfait ) : la perfection du virtuel néoclassique
    A. Le calcul rationnel du consommateur ( individus, ménages )
    B.  Le calcul rationnel du producteur
    C. La notion d'Equilibre Economique Général en concurrence pure et parfaite ( CPP )  
III.  Les leçons très pédagogiques des écoles libérales 
    A. La praxéologie
   B. les avancées récentes de la théorie

 

Quelques citations peuplant le présent cours...

"Les idées, justes ou fausses, des philosophes de l'économie et de la politique ont plus d'importance qu'on ne le pense en général. À vrai dire, le monde est presque exclusivement mené par elles. Les hommes d'action qui se croient parfaitement affranchis des influences doctrinales sont d'ordinaire les esclaves de quelque économiste passé". 

John Maynard KEYNES    Théorie Générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie 1936

"...l'économie vulgaire qui se contente des apparences [...] et se borne à ériger pédantesquement en système et à proclamer comme vérités éternelles les illusions dont le bourgeois aime à peupler son monde à lui, le meilleur des mondes possibles."
                                                                                   
     K. MARX  Le Capital   livre 1 ( 1867 )  Ed. Sociales    1971

 "La possibilité de gagner de l'argent et de constituer une fortune peut canaliser certains penchants dangereux de la nature humaine dans une voie où ils sont relativement inoffensifs".  

B. DE MANDEVILLE

"Il vaut mieux que l'homme exerce son despotisme sur son compte en banque que sur ses concitoyens"  

J-M. KEYNES  

 

Glossaire

Bibliographie

 

Cours

            Depuis 1989, et la chute du mur de Berlin, les experts et autres essayistes, ont annoncé "l'arrivée du monde à la fin de l'histoire" ( F. FUKUYAMA mais on sait qu'il s'en est amendé depuis... ) ou "la fin des idéologies". Cette ère nouvelle, n'est en fait que le triomphe d'une "idéologie" ( au sens de Louis DUMONT ) vieille de plusieurs siècles se dénommant libéralisme et de ses produits économiques que sont la loi du Marché ( stylisé ) et la rationalité. Cette idéologie ( se basant sur le modèle d'un Marché virtuel parfait pour ce qui est de sa théorie majeure ) perçoit la société comme un ensemble d'agents libres et rationnels dont les activités vont être coordonnées grâce au Marché pour aboutir à un optimum économique ( meilleure situation possible ). 
Il conviendra donc de disséquer celle-ci comme un édifice théorique. Seront mises en lumière, dans un premier temps, ses bases ( philosophiques et autres ),  suivra le cœur essentiel de la théorie, à savoir le modèle d'Equilibre Economique Général ( EEG ) de L. WALRAS,  et finalement ce qui couronne l'édifice, son aboutissement c'est à dire son emprise sur la réalité via les conseils d'éminents "experts".  

 

KANT "Les pensées sans contenus sont vides, de même que les intuitions sans concepts sont aveugles".

 
I. La conception du monde libérale 

    En prémisse à tout raisonnement, il convient de préciser que le discours économique, tout comme le discours religieux ou social, en tant que discours pensé, s'appuie sur des hypothèses bien précises, qui relèvent le plus souvent de l'ordre de la conception métaphysique du monde ( Weltanschauung ), véritable base de la réflexion ( cf. cours sur la culture ). 

On peut se rappeler que nombre de grandes théories économiques sont sorties de la tête de philosophes [1] ou du moins de personnages dont les pôles d'intérêts ne se limitaient pas exclusivement à l'économie ( au sens où on l'entend à l'heure actuelle ), loin s'en faut  [2].

         A.   Le socle philosophique  

        On procédera ici à une rationalisation a posteriori du discours libéral pour en dégager la structure logique.

La pensée libérale qui touche l'ensemble des domaines de la vie sociale ( politique, économie, droit…) se comprend par 4 maîtres-mots : Raison, Nature, Individu, Propriété.  


NB : cette liste n'est pas exhaustive et procède par un évident souci de simplification dans l'optique d'un cours de première. Il est aisément concevable que le libéralisme affiché par "les autrichiens" n'a de fait, que peu de choses à voir avec le "rationalisme constructiviste" ( dixit HAYEK ) d'un WALRAS. Le socle philosophique libéral sert donc de base à différentes écoles économiques ( classique, néoclassique, économie de l'offre, libertariens de gauche, de droite...( cf. infra )). Le doute n'est plus permis à la lecture du livre très didactique de F. VERGARA  Les fondements philosophiques du libéralisme  La Découverte 2002. 

                                                                        Pour approfondir l'analyse sur le sujet...

    .... on peut reprendre la très intéressante grille d'analyse mise en avant par F. VERGARA
Les fondements philosophiques du libéralisme  La Découverte 2002 ).  En effet, dans cet ouvrage l'auteur série les doctrines prenant le nom de libéralisme en 3 parties distinctes : 
- le libéralisme utilitariste d'Adam SMITH ou de J. BENTHAM...
- le libéralisme de Droit naturel de TURGOT, CONDORCET.
- l'ultra-libéralisme d'un M. FRIEDMAN, F. HAYEK, F. BASTIAT, H. SPENCER...

Lors de la présente étude, on focalisera principalement l'attention sur le modèle central de la théorie économique libérale à savoir la théorie de l'équilibre économique général de L. WALRAS.


La théorie libérale s'appuie sur les hypothèses forces suivantes ( notées H1, H2, H3, H4 dans le texte, ce qui servira par la suite à faire des renvois ).

Hypothèse 1 ( H1 ). L'idée d'individu, d'autorité de la seule conscience personnelle. L'individu est un absolu qui possède en lui les caractères de l'universalité et de l'unicité. Dès lors, la société est un résultat, un produit et non un fondement ; l'individu est toujours antécédent à l'Etat dans sa consistance unique et métaphysique. On retrouve ici les bases de l'individualisme méthodologique [3] ( cf. chapitre sur la méthode sociologique ).   


Quelques références sur le sujet

    Pour pousser plus loin la réflexion sur l'individualisme, héritage chrétien ( Evangile selon St Marc, St Augustin, Réforme...), dont la pensée grecque a toutefois permis en partie l'invention ( Cf. PLATON ), consulter les livres suivants :

- L. DUMONT   Essais sur l'individualisme  ( 1983 )  Points seuil  1991
- J-C GUILLEBEAUD  chap 7 : "Le "moi" en quête de "nous""   La refondation du monde  ( 1999 )    Points Seuil 2000

"Au lieu d'aller dehors, rentre en toi-même ; c'est au coeur de l'homme qu'habite la Vérité"  
                                                                                Evêque d'HIPPONE  cité par J-C GUILLEBEAUD [ 1999 ] p. 295.


H 2. La foi en la Raison. Pour les libéraux, l'homme, est un "animal raisonnable", et c'est dans cette Raison qu'il découvre les lois de sa liberté. Mais cette raison individuelle est elle-même finalisée en vue de conquérir la nature : l'univers étant le symbole même de l'harmonie, il est par conséquent du "devoir" de l'homme de retrouver par la raison, "les lois naturelles" qui gouvernent le monde et d'en édicter les règles [4]  ( Cf. infra fascination des néoclassiques pour la mécanique newtonienne et en particulier pour la figure de l'horloge ).
La souveraineté de la Raison est le moyen et le but pour l'homme en vue d'accéder au "bonheur".

H 3. Un optimisme irréductible placé dans le progrès, la science et la nature. L'idée centrale du libéralisme consiste à introduire la notion de perfectibilité : la raison peut par son seul pouvoir, faire progresser dans l'ordre de la connaissance et de l'action. Dans cette optique, on aboutit à une vision linéaire de l'histoire où "tout rationalisme est un progressisme". 
L'appareillage mathématique, depuis DESCARTES apparaît ainsi comme le moyen privilégié d'expression de la pensée raisonnante  puisque pour ce dernier, les sciences en règle générale, doivent nous conduire sur les voies de la vérité universelle,... unique
,... donc par extrapolation... optimale ?!  [5].  

H 4. La jouissance de la propriété privée. Celle-ci est considérée comme un fondement de base de l'entité individuelle  : on peut se référer ici à la révolution française et en particulier à l'analyse de THOURET ( début d'Août 1789 ) "le premier droit de l'homme est celui de la propriété et de la liberté de sa personne" ou à la thèse de J. LOCKE dans le Deuxième traité du gouvernement civil ( 1690 ) qui reconnaît à la propriété un caractère "naturel". Sa démonstration est la suivante : l'homme est propriétaire de sa propre personne, par conséquent, de son travail, des produits de son travail et donc de la terre qu'il cultive."La superficie de terre qu'un homme travaille, plante, améliore, cultive et dont il peut utiliser les produits, voilà sa propriété".        

    Ces quelques grands traits vont constituer les nervures des constructions libérales qui se sont imposées tout au long de l'Histoire.

            B. Le retournement libéral (  "grands anciens" de la pensée libérale en économie et moments décisifs ). 

            La conception libérale ( qui postule que le libre fonctionnement des mécanismes du Marché permet seul de se rapprocher de la meilleure situation possible ) remonte en économie par certains aspects, à des auteurs tels que P. de BOISGUILBERT ( 1646-1714 ) réclamant la liberté des prix et marchés, ou aux physiocrates ( 18ème siècle ). Cependant si l'on attribue à ces derniers la paternité de l'idée de laisser faire, avec la fameuse phrase attribuée par l'Histoire à Vincent de GOURNAY ( 1712-1759 ) "laisser faire, laisser aller" [5 bis], en revanche selon K. POLANYI, le libéralisme a du attendre les classiques anglais, en particulier A. SMITH ( 1723-1790 cf.  Adam Smith Institute, Adam Smith web site ) pour prendre son essor véritable, avec l'idée centrale d'une société organisée par et à travers le Marché.

En effet, SMITH développe une vision "théiste" ( dixit KEYNES ), selon laquelle une Main invisible [5-3 ] viendra réguler sur le Marché les actions individuelles de tout quidam mu par la recherche son intérêt propre ( "Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais de l'attention qu'ils portent à leur propre intérêt".  Richesse des Nations Livre 1 Chapitre 2 )  pour en faire résulter une situation bénéfique pour tous.

 La morale que l'on peut tirer de la thèse de SMITH est surprenante : 
- nos actions nous échappent dans leur conséquence sociale.
- encore plus que nos proches, nous font du bien, tous ces inconnus ces "autres", que nous croiserons jamais et qui pourtant, travaillent, sans le vouloir, sans même le savoir, à satisfaire nos besoins parce que cela correspond à leur intérêt propre.


  Question de réflexion ( interdisciplinaire voire transdisciplinaire )
 et éclairage sur les soubassements de la pensée libérale 

Les théories libérales sont-elles aussi "candides" qu'elles en ont l'air ???

    Dans Candide de Voltaire, maître Pangloss affirme que "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles". Cette critique de LEIBNIZ ( on connaît l'importance de la monadologie leibnizienne et de la théodicée dans les sources de la thèse libérale cf. A. RENAUT   ) par VOLTAIRE est-elle applicable au modèle libéral ?

Dans le même registre, on retrouvera plus tard la phrase de MARX...

"...l'économie vulgaire qui se contente des apparences [...] et se borne à ériger pédantesquement en système et à proclamer comme vérités éternelles les illusions dont le bourgeois aime à peupler son monde à lui, le meilleur des mondes possibles."
                                                                K. MARX  Le Capital   livre 1
( 1867 )  Ed. Sociales    1971

 

    Pour démontrer que la théorie libérale est plus complexe ou subtile qu'elle en a l'air de prime abord, on peut s'appuyer sur 2 auteurs clés : P. de BOISGUILBERT ( 1646-1714 ), et B. de MANDEVILLE ( 1670 ? - 1733 ) et mettre en exergue une filiation primordiale et riche d'enseignements avec le jansénisme.

1. BOISGUILBERT ( 1646-1714 )

Il serait ( selon G. FACCARELLO ), aux origines de la pensée libérale : l'importance des présupposés jansénistes est ici patente.
En effet, BOISGUILBERT reprend à P. NICOLE
( 1625-1695 ), une vision pessimiste de la nature humaine. Le point de départ est le péché originel qui conduit à la dérive humaine. L'homme une fois détourné du véritable Amour, l'Amour de Dieu, se tourne vers l'amour d'autres biens, ce qui le conduit inexorablement à la violence puisqu'il est en définitive mû par son seul amour propre, guidé par son seul intérêt. 
Toutefois, les hommes demeurant interdépendants, doivent travailler pour vivre et échanger : d'où problème. La solution est contenue dans ce mal  qu'est l'amour propre. L'homme en vient à faire appel à la raison et il comprend grâce à elle, que son bien-être privé dépend des autres. Par conséquent chacun est conscient de donner dans le but de recevoir. Ce n'est donc pas la Charité qui maintiendrait l'ordre social mais "l'amour propre raisonnable et éclairé" qui serait le moteur de toute action humaine.
La raison est utilisée par les passions pour que l'homme arrive à ses fins.
Les jansénistes mettent ainsi en relief l'idée de manipulation des passions "il n'y a rien dont on ne tire de plus grands services que la cupidité même des hommes" ( P. NICOLE ). En somme, on peut donc dompter les passions grâce aux passions. 

Conclusion : On ne trouve ici aucune trace d
'ingénuité
mais au contraire une vision plutôt "déniaisée" de la nature humaine ( à mettre en relation avec  H1 ).

    Pour BOISGUILBERT,  la Nature ( fidèle à une conception divine ) a dicté les lois de fonctionnement des sociétés et économies, parfaites par essence .L'homme doit avoir confiance en elles. La société est donc appréhendée comme une belle mécanique, une machine dont l'horloge est la représentation la plus fidèle ( cf. pensée de DESCARTES ou NICOLE ). Les parties sont des composantes indispensables dont le mouvement perpétuel conduit à l'équilibre automatique de l'ensemble par la seule force naturelle de ces corps.  
Mais seule la machine "Nature" est parfaite ; toute construction humaine est dangereuse car elle entrave la nature dans son mouvement et cause ipso facto des déséquilibres.
Conséquence, il est nécessaire de "laisser faire" la nature et non les hommes, la réalisation de l'équilibre en dépend.
On retrouve ici H1, H2, H3
[5-4 ]. 

Pour BOISGUILBERT, dans la veine d'un DESCARTES ou d'un NICOLE, il est nécessaire de mettre à jour les vérités aussi simples soient-elles afin que chaque personne prenne conscience du fonctionnement de cette mécanique sociale.  cf H3 Cependant les jansénistes sont bien évidemment pessimistes quant à la mise à jour de ces vérités. La masse par nature ignorante réagit tels des moutons. Seule une élite peut acquérir ces connaissances.

BOISGUILBERT  est favorable à la propriété privée mais ce problème n'est pas un de ses thèmes privilégiés. cf.H4

2. B. de MANDEVILLE ( 1670 ? - 1733 ) 

    Ce médecin hollandais, va faire basculer la réflexion globale de la société dans le champ de l'économie d'une manière spectaculaire en démontrant dans sa fameuse Fable des abeilles que les vices privés conduisent à un bénéfice public.

    L'idée fondamentale que MANDEVILLE a mis en relief en son temps fut perçu comme un véritable séisme d'où une diabolisation ( "Man-devil" ) qu'il se fit fort de contrer en usant de divers subterfuges rhétoriques liés à un pseudo-rigorisme. L'idée est la suivante :  les actions individuelles échappent dans leurs conséquences aux volontés propres des individus. Dès lors une curieuse et bénéfique alchimie s'opère à savoir que ce qui était jusqu'alors considéré comme des vices privés ( c'est à dire à un niveau individuel ) par la morale idoine ( c'est à dire précisément les "vices"... poussant à la consommation , encourageant les dépenses et stimulant l'activité économique tels que l'orgueil, l'ambition, le luxe, l'envie, l'ostentation…etc en fait les avantages individuels ou l'intérêt, autant de mots qui sentent moins le souffre que le terme de "vice" ) contribuent de facto à l'arrivée, au bien-être ( sous-entendu matériel ) collectif, c'est à dire de la société dans son ensemble.

 " ce que nous appelons le mal…est le grand principe qui fait de nous des créatures sociales, le fondement solide, la vie, le support de tous les commerces et de tous les emplois…et au moment où le mal disparaît, la société est nécessairement  altérée, si elle n'est pas complètement détruite ( The fable I p 369 )": "les vices privés(1) peuvent être convertis en bénéfices publics" "grâce aux manipulations habiles d'un politicien avisé"
                                                                B. de MANDEVILLE  La fable des abeilles ou les vices privés font le bien public   1714

(1)  c'est à dire les vices poussant à la consommation , encourageant les dépenses et stimulant l'activité économique tels que l'orgueil, l'ambition, le luxe, l'envie, l'ostentation…etc ; les autres vices étant des crimes.  

Conclusions révolutionnaires pour l'époque...  

    Le point de vue économique transforme les vices de jadis en de nouvelles vertus . La quête de l'intérêt économique devient la quintessence de toute passion, elle est de plus, neutre au regard de l'éthique individuelle et socialement bénéfique. Mieux encore, le libre jeu des passions ( autrefois considérées comme nocives ) économiques, devient la meilleure garantie d'ordre social prospère. Lorsque chacun est occupé à rechercher la fortune, une prospérité collective et harmonieuse ne peut que régner.

     En somme, les libéraux des origines ne sont donc pas des idéalistes naïfs comme on le trouve souvent écrit, mais au contraire des personnes considérant que la quête individuelle de la richesse est le plus sûr moyen pour la société de contrer les penchants individuels délétères ( violence et autres ).

 La leçon de B. de MANDEVILLE  sur le sujet "La possibilité de gagner de l'argent et de constituer une fortune peut canaliser certains penchants dangereux de la nature humaine dans une voie où ils sont relativement inoffensifs".

 

    Pour finir, ces thèses des libéraux des premières heures peuvent être opposées à celle de J-J ROUSSEAU ( dont les français sont épris dans leur for intérieur ). Pour ce dernier l'homme est bon par nature et c'est la société qui le corrompt ( cf. J-J. ROUSSEAU dans Discours sur l'origine et les fondements des inégalités parmi les hommes ).

    Cette diversité dans l'approche de la Nature humaine sera la source de bien des controverses au plan méthodologique et théorique par la suite en économie et sociologie. ( cf. cours sur la méthode sociologique ).

 

  Sur toutes ces questions consulter : 
- BERAUD. A et FACCARELLO. G  Nouvelle histoire de la pensée économique Tome 1   La Découverte  1992
- FACCARELLO. G   Aux origines de l'économie libérale : Pierre de BOISGUILBERT    Anthropos   1986
- LALLEMENT. L            "Economie politique et morale : l'héritage de Mandeville"  In Economies et sociétés série Oeconomia    Histoire de la pensée économique  PE N°18      12/1993   pp. 11-31

 Travail possible pour approfondir  sur la "ruse de la Raison" cf. J-P DUPUY.


      Fort de cette héritage complexe, l'école baptisée "néoclassique" [6] va mettre au point entre 1860 et 1930,  l'édifice le plus abouti du courant libéral à savoir le modèle d'Equilibre Economique Général ( EEG ). Celui-ci demeure contre vents et marées, le modèle le plus important en économie comme l'atteste son énorme capacité à générer de nouveaux travaux et le nombre de prix Nobel s'y référant explicitement ou implicitement [21].

II. Le modèle économique du Marché ( parfait ) : la perfection du virtuel néoclassique


Réflexions basiques sur les marchés ( comme lieus où s'effectuent les échanges ) réels : émergence du prix sur le marché de votre quartier ( loi de l'offre et de la demande ).


            Le libéralisme va trouver en l'économie un chantre capable de lui donner une légitimité scientifique. Dès lors, les partisans de cette école de pensée vont se faire fort de construire un modèle [7] qui symbolisera la perfection économique : c'est le modèle de l'Equilibre Economique Général ( EEG ) de Léon WALRAS ( 1834-1910 ) formidable incarnation de l'harmonie entre  individus rationnels ( dans les années 1950, G. DEBREU ( 1921- ) prix Nobel d'économie 1983, l'a mis en équations ).

    La conception de WALRAS est emprunte du socle philosophique pré-cité ( cf. supra ). En effet, pour lui, le rôle de la Raison est d'atteindre par abstraction "les conceptions métaphysiques de l'universel, de la substance en soi, de l'infini, du parfait, du nécessaire, de l'absolu, de l'indépendant".( cf. H2, H3 ).
L'objectif est la perfection, le chemin est la raison et les moyens en sont les idées qui prennent une connotation normative puisque "l'idéel" rejoint "l'idéal".

Toutefois, les hypothèses philosophiques du socle libéral vont se trouver restreintes pour cause de fonctionnalité du système ( le modèle étant basé sur de la mécanique newtonienne fonctionnant à base de systèmes simples ). Les agents ( H1 ) sont désormais définis selon des critères euclidiens : "producteurs" ou "consommateurs". De plus, du concept de "raison", les économistes vont basculer vers un de ses sous-produits "la rationalité" ( car "raisonnable" n'est pas "rationnel" cf. J. RAWLS ) réduite par la théorie libérale contemporaine à un calcul stratégique visant pour l'individu à maximiser les avantages et minimiser les coûts de toute action. Ainsi, le but unique de toute existence ( désormais vidée de toute idiosyncrasie ) serait de maximiser ses plaisirs ( c'est à dire son utilité, ou ses bénéfices ) et minimiser ses peines ( sa désutilité, ou ses coûts ) selon la philosophie de Jérémy BENTHAM ( 1748-1832 ), le père de l'utilitarisme ( cf. chapitre sur la méthode sociologique ). 


Approfondissement

Il convient ici de ne pas s'en tenir aux idées préconçues concernant l'utilitarisme, qui ont tendance à le balayer d'un revers de main sans même le connaître. Un exemple parmi tant d'autres : pour les utilitaristes, la notion de plaisir ne tient pas uniquement compte des plaisirs de l'estomac ( comme on l'entend souvent ), mais aussi de ceux de l'esprit ; elle est donc éminemment large.
"Soutenir que Mill et Bentham ne prêtent attention à aucune source de plaisir autre que celles qui sont visibles et tangibles est une des déformations les plus flagrantes qui ait jamais été faites... le principe d'utilité prend en compte tous les ingrédients dont est composé le bonheur humain James MILL

Pour une mise au point lumineuse sur ces questions, consulter le livre de F. VERGARA  Les fondements philosophiques du libéralisme  La Découverte 2002.
            Pour trouver un réquisitoire contre J. BENTHAM, consulter le livre de B
MARIS Des économistes au dessus de tout soupçon    Albin Michel    1990



   
A.   Le calcul rationnel du consommateur ( individus, ménages )

    Le consommateur rationnel [8] par construction, est un homo oeconomicus c'est à dire un agent qui n'a de cesse de maximiser son utilité ( en achetant les biens qui lui procurent le maximum de satisfaction, conformément à ses fins ), mais qui est contraint par le budget qu'il possède. Il procède par des calculs stratégiques ( coûts-avantages ) à la marge : il va ainsi calculer et hiérarchiser l'utilité que lui procurerait la consommation d'une unité de bien supplémentaire ( utilité marginale  [9], pondérée par les prix, précisément cf. module ) et faire des choix ( en fonction de ses préférences ). Dans l'optique néoclassique, cet agent est "souverain" et autonome c'est à dire qu'il est fondamentalement dégagé de toute influence, subordination, de tout désir d'imitation et autre détermination sociale ; bref de tout ce qui fait la vie en société. Etre libre c'est être "quitte de tous les autres" ( Léon WALRAS  ) [9 bis]

Réflexion sur la notion de coût d'opportunité..

    Selon l'école néoclassique qui va au fil du temps s'appuyer sur la notion de "courbe d'indifférence"
[10], c'est au point dit de "l'équilibre du consommateur"( point d'intersection entre la courbe d'indifférence la plus élevée et la droite de contrainte budgétaire ) que le consommateur va maximiser son utilité ( choix optimal ). Cet équilibre est subordonné à l'évolution des prix des biens et au revenu du consommateur.  Plus précisément, pour chaque consommateur, il existe une relation inversement proportionnelle entre le prix des différents biens et les quantités demandées ( élasticité de la demande par rapport au prix, négative en règle générale  [11] ) : c'est la courbe de demande individuelle.
 
Par simple agrégation des demandes individuelles, on obtient la demande de marché qui est une fonction décroissante du prix. Cette relation entre les prix et les quantités demandées est déterminée par l'effet-prix. Lorsque l'un des déterminants de la demande, autre que le prix, varie ( préférence des consommateurs, prix des biens substituables...), la courbe de demande se déplace.  


              Réflexion sur : histoire de l'utilité, utilité marginale, décroissance de l'utilité marginale, courbes d'indifférence, optimisation… effet-prix effet-substitution...  


 

        B.    Le calcul rationnel du producteur

     Le producteur ( très souvent l'entreprise considérée comme une "boîte noire" puisque tout réside dans la "forme" Marché ) fabrique des biens et des services ( outputs ou extrants ) à partir de divers facteurs de production ( travail, capital, terre…qualifiés d'inputs ou d'intrants ) achetés sur les marchés des facteurs, et de l'état des techniques ( fonction de production ). Tout aussi rationnel que le consommateur, il a comme but, de maximiser ses  profits en trouvant la combinaison productive optimale ( en cherchant par exemple à minimiser ses coûts de production ). Cependant il doit tenir compte des prix du Marché dont il n'est pas maître [12], car fixés par le jeu de l'offre et de la demande ( voir infra ).  

Le profit correspond donc à la formule suivante :  

profit =  recettes - coûts de production

               1.     L'optimum du producteur
  
                 a. les coûts de production 

    Les coûts de production se divisent en :

    
                   i) coûts globaux  
   

-  les coûts fixes  : ce sont les dépenses engagées par l'entreprise qui demeurent identiques quelle que soit la quantité produite; c'est un minimum incompressible (exemple : loyers ).  
- les coûts variables : fonction des quantités produites . Ils sont soit proportionnels (matières premières ), soit non proportionnels ( ex : main-d'œuvre : en raison des heures supplémentaires payées plus chères ). 
- le coût total est la somme des coûts précédents.

                         ii) coûts unitaires

   Pour obtenir le prix de revient d'un produit, il faut en calculer les coûts unitaires. Tout d'abord les coûts moyens s' obtiennent en divisant les coûts globaux par la quantité produite.

Coût total moyen ( CTM ) =  CT / q      Coût fixe moyen  ( CFM ) = CF / q
 Coût variable moyen ( CVM ) = CV / q

 Enfin le coût marginal correspond au supplément de coûts engendré par la production d'une unité supplémentaire. Ex : si les quantités produites passent de q à q' : Coût marginal ( Cm ) =  CTq'-CTq / q'-q      ou             D CT / Dq

Par conséquent, pour la première unité produite, le coût marginal est égal au coût variable moyen.   


Exercice d'application
 Pour comprendre la notion de dérivée : tracer  la courbe de coût marginal à partir de la courbe de coût total.


                 b. La notion de recette

            L'entreprise vend sa production au prix du Marché, c'est la notion de recette : recette totale ( RT = prix de vente x quantités vendues ). Ce prix du Marché  correspond à la fois à sa recette moyenne  (  puisque c'est ce que rapporte en moyenne chaque unité vendue  RM = RT/q),  et sa recette marginale ( puisque c'est ce que rapporte la dernière unité vendue Rm= DRT ). 

   c. le profit et l'optimum de l'entrepreneur

            Le profit global correspond aux recettes moins le coût total.

Profit moyen  = p - CTM
Profit additionnel ou "marginal" = p-Cm

 L'optimum du producteur est la quantité de production qui procure le profit maximum ( ou le minimum de pertes ). L'entreprise fait du profit tant que le prix de vente est supérieur au coût total moyen.

En concurrence pure et parfaite, l'entreprise atteint son optimum lorsque le coût marginal est égal au prix. 

Profit maximum : Cm = p

         2.     La courbe d'offre

D'une façon générale, les marginalistes considèrent que les coûts de production varient proportionnellement en sens inverse de la productivité, donc le coût marginal est d'abord décroissant puis croissant à partir d'un certain seuil de production.

    La courbe d'offre individuelle correspond donc à la partie de la courbe du coût marginal, qui se situe au-dessus du seuil de fermeture ( c'est à dire du point d'intersection avec la courbe de coût variable moyen cf. schéma ). La détermination de l'offre de marché s'effectue par l'agrégation de toutes les offres individuelles. L'offre de marché met donc en relation les quantités offertes en fonction du prix. Il s'agit d'une fonction croissante en fonction du prix ( élasticité de l'offre par rapport au prix, positive ) qui s'explique par l'effet-prix . Lorsqu'un déterminant de l'offre autre que le prix, varie ( progrès technique, coût de production ) cela entraîne un déplacement de la courbe.

             Réflexion sur :  la notion d'économies d'échelle, de déséconomies d'échelle, de rendements d'échelle…

 

   C. La notion d'Equilibre Economique Général en concurrence pure et parfaite ( CPP )

      Offreurs et  demandeurs poursuivant leurs fins propres qui divergent, se rencontrent sur un lieu théorique que l'on nomme le Marché où le prix viendra dénouer la confrontation, mais ce, selon des postulats bien précis, qui viennent se surajouter aux conditions précitées

    1. "Hypothèse, vous avez dit hypothèse…"

        a.     Les hypothèses de la concurrence pure  

-          L'atomicité de l'offre et de la demande :  les agents économiques ont une taille tellement réduite et sont tellement nombreux sur le Marché, qu'ils ne peuvent en aucun cas, de façon autonome, influer sur les prix et quantités échangées. Il n'y a ni entreprise dominante, ni possibilité d'entente entre les différentes entreprises, ou consommateurs. Les prix étant entièrement déterminés par le fonctionnement des marchés, tout agent est en situation de "price taker" c'est à dire de "preneur de prix".

-          L'homogénéité du produit ( ou du facteur ) :  le consommateur doit être incapable de différencier les produits, en fonction de l'entreprise qui les fabrique ; par conséquent, il est interdit à une entreprise de se distinguer de ses concurrents par des moyens tels que la publicité, l'utilisation de marques ou autre. Pour L. BAUDIN, "Le seul sourire de la vendeuse suffit à faire échec à la concurrence".
On peut ajouter ici, que la jouissance des biens et services est privative : il y a divisibilité de l'usage, excluabilité, rivalité [13].

-          La fluidité [14] du Marché :  quiconque veut formuler sur le Marché, une offre ou une demande en a la possibilité, sans coût ni délai : l'entrée et la sortie du Marché sont libres. Cela signifie que les quantités échangées et les prix sont libres ( absence de quotas, de contingentement, de rationnement… absence aussi de rigidités tels que les cartels, ou les intrusions de l'Etat…). 

      b.     Les critères de concurrence parfaite

 -          La transparence du marché [15] :  tous les agents économiques doivent pouvoir accéder à toutes les informations disponibles, en particulier avoir la possibilité de connaître tous les prix qui cristallisent l'information ( parfaite et gratuite).

-          La mobilité des facteurs de production :  les facteurs de production ( capital - travail ) doivent pouvoir se déplacer sans obstacle d'une activité à une autre en fonction des perspectives de salaires et de profits. Exemple : si une industrie est moins rentable, les facteurs de production doivent pouvoir aller vers une autre activité plus florissante

 

        2.  L'Equilibre Economique Général : "le seul, l'unique…ou....l'inaccessible ?? "

     Il existe un marché pour chaque type de biens ou de services  ( travail, capital etc… ). Le mécanisme autorégulateur du Marché [16] conduit à la détermination d'un prix d'équilibre qui égalise l'Offre et la Demande ( et permet de procéder à l'échange ) 
D'un Equilibre partiel ( équilibre sur un seul marché, "toutes choses égales par ailleurs
" [17] chez MARSHALL [18] ), la conception walrassienne aboutit à un Equilibre Economique Général ( EEG ) : état d'Equilibre sur tous les marchés satisfaisant tous les agents.
Depuis V. PARETO, cet EEG est même devenu un optimum d'ophélimité, c'est à dire que c'est une situation dans laquelle la situation d'un agent ne peut être améliorée sans dégrader celle d'un autre
[20].


Approfondissement

    Si l'on se base sur les écrits de WALRAS, on tombe sur des lignes qui précisent  les pensées de l'auteur loin de ce que l'Histoire en a retenu.

    Ainsi en va-t-il du concept d'Equilibre : il convient ici de spécifier que l'équilibre est avant tout un processus, c'est à dire ni une tendance linéaire, ni même une tendance asymptotique, mais une tendance sans cesse remise en question par les propres résultats qu'elle engendre : "Tel est le marché permanent, tendant toujours à l'équilibre sans y arriver jamais, pour la raison qu'il ne s'y achemine que par tâtonnements, et qu'avant même que ces tâtonnements soient achevés, ils sont à recommencer sur nouveaux frais, toutes les données du problème [...] ayant changé"
                                                                             
L. WALRAS  Eléments d'économie politique pure 1874

    En somme, ce n'est pas parce que les conditions de la libre concurrence ne sont pas réunies que l'on ne peut parvenir à l'équilibre mais en raison du fonctionnement intrinsèque de la libre concurrence.

    Dans la même veine, il convient de rappeler que l'apport de WALRAS à l'économie ne se limite pas son économie pure, il existe aussi son économie appliquée
Dans le manuscrit "L'Etat et les chemins de fer" ( 1875 ), il justifie même l'intervention de l'Etat. 
Sur un autre plan, la figure du commissaire priseur a rendu possible nombre de digressions et d'extrapolations y compris à tendance planificatrice.



               
Réflexion : les marchés financiers, le marché du travail…

 

III.  Les leçons très pédagogiques des écoles libérales 

     Les soubassements qui constituent le socle de la pensée libérale quoique parfois oubliés, continuent pourtant à exister parce qu'intégrés dans la substance même des analyses les plus récentes, et dans les présupposés des décideurs, politiques ou autres.

"Les idées, justes ou fausses, des philosophes de l'économie et de la politique ont plus d'importance qu'on ne le pense en général. À vrai dire, le monde est presque exclusivement mené par elles. Les hommes d'action qui se croient parfaitement affranchis des influences doctrinales sont d'ordinaire les esclaves de quelque économiste passé".

                        John Maynard KEYNES    Théorie Générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie 1936                                 

    A. La "praxéologie"

    WALRAS en raison d'une vision appauvrie de la dialectique hégélienne comme négation de la contradiction et non contradiction de la contradiction ( symptomatique de la pensée française du 19ème siècle ) a eu tendance à assimiler l'idéel et l'idéal. En ce sens, l'analyse des néoclassiques a une dimension normative évidente c'est-à-dire qu'elle n'explique pas comment fonctionne concrètement la réalité ( dimension positive ), mais elle explique comment la réalité devrait fonctionner pour être aussi parfaite que le modèle. 

Dès lors, la finalité de la pratique sociale est de rapprocher la réalité du modèle i.e de l'idéal de la perfection.

    Auréolés de différents prix Nobel d'économie [21] les économistes libéraux en tant que "conseillers des princes" [22],vont édicter toute une série de mesures à appliquer pour rendre la réalité conforme au modèle mathématique ( et à ses hypothèses ) : en l'absence d'alternative, cette pensée est désormais qualifiée de "pensée unique".  

  Pour ces derniers, le Marché, symbole de l'harmonie de l'ordre naturel, permet d'utiliser de façon optimale, efficiente, toutes les ressources rares disponibles dans l'économie : il conduit ainsi le système économique à la frontière des possibilités de production. Dès lors, la vulgate libérale estime que cet ordre doit recouvrir tous les secteurs de la vie économique et sociale à l'exception de trois domaines essentiels  ( à faire reposer dans les mains de l'Etat ), que sont la justice, la police, la défense [23] ( voire les infrastructures et un minimum d'éducation [24] ) : cet Etat minimal se dénomme l'Etat-Gendarme ( idéal type dont la Grande-Bretagne du 19ème siècle se rapproche le plus ). Dans cette optique, l'Etat doit proscrire tout budget déséquilibré (  donc, gérer l'argent comme un "bon père de famille" ), procéder à une réduction des déficits publics ( pensons aux critères de Maastricht ), des impôts, à une éradication  de l'inflation… ( cf. chapitre sur la monnaie et sur la comptabilité nationale ).

    Selon les libéraux, il ne faudrait jamais entraver le libre jeu du marché : toute intervention extérieure introduit des rigidités obligatoirement néfastes ( ou sous-optimales ) pour la société ( pour P. SALIN, le SMIC est au nombre de ces rigidités ). 

L'Equilibre sur le marché du travail 

 

     Les implications d'une telle logique sont de vouloir donner ou redonner, au Marché, en privatisant, tout ce qui appartient à l'Etat et qui ne fait pas partie de ses prérogatives "attitrées"  ; dans un premier temps cela recouvre les entreprises publiques  ( pour la France 1986 : St Gobain, 1987 : TF1, Paribas, Société Générale..., 1994 : Elf-Aquitaine 1996 : AGF…la liste n'est pas finie... dans le futur EDF ???  La Poste ???  ) mais à terme, cela touche aussi le domaine de la santé ( hôpitaux, remboursement des soins…), des retraites ( fonds de pension ), de l'éducation ( cf. M. FRIEDMAN )…
L'archétype de cette logique nous a été fourni par Mme THATCHER qui mit en œuvre au Royaume-Uni le plus vaste programme de privatisations de l'histoire : ainsi le poids des entreprises publiques est-il passé de 10,8% du PIB en 1980 à 2,9 % en 1990.
 

 Pour pousser plus loin encore l'investigation dans l'ultra-libéralisme, on peut aller jusqu'aux libertariens.
    Un libertarien comme M. ROTHBARD ( 1926-1994 ), propose ainsi, entre autres de privatiser toutes les rues et de créer un marché des enfants considéré comme d'un "humanisme supérieur" ( sic ) ( cf. M. ROTHBARD L'éthique de la liberté  Les belles lettres 1991 ).

    Si de tels principes semblent rebutants d'un point de vue moral, il est étonnant de voir à quel point ils tendent à imprégner le discours ambiant de tout quidam de facto.
Citons pour exemple la logique de "victimisation" que met en avant R. NOZICK ( ex- ou semi-libertarien c'est selon ) et qui est en train de s'imposer de fait, dans les rapports entre les quasi-communautés aux Etats-Unis, voire dans le monde ( pensons à la conférence de DURBAN ). Cumuler des signes victimaires confère, voire devient le garant, de certains droits sociaux.

L'exemple de Loft Story nous ramène d'un autre côté à la vacuité de la relation de couple dans le champ libertarien, conçue comme simple échange de services, c'est à dire in fine à des prix.


            Réflexion : les écoles libérales contemporaines : points communs, divergences, implications…

            * Les monétaristes : ex : M. FRIEDMAN ( cf. cours sur la monnaie ; voir en particulier les politiques monétaires ).
           
* La nouvelle école classique ou école des anticipations rationnelles : ex : R. LUCAS ( cf. cours sur la monnaie ; voir en particulier les politiques monétaires ).
           
* L'économie de l'offre
ou "supply side economics" : A. LAFFER et G. GILDER
           
*L'école des choix publics dite du "Public choice" :
J. BUCHANAN

           
* Les libertariens  :
M. ROTHBARD  
   
             sur ce thème voir aussi le site de Bertrand LEMENNICIER  


 

    B. les avancées récentes de la théorie

En matière de théorie, on assiste à 2 mouvements qui, si l'on n'est pas un vitaliste convaincu, peuvent apparaître contradictoires..

* D'un côté, on assiste à la récusation de l'intérieur, du bien fondé de certaines hypothèses du modèle néo-classique : on peut citer pour exemple...

- L'atomicité remise en cause, avec la théorie des marchés contestables [ BAUMOL, WILLIG, PANZAR  1982 ] :  une situation dans laquelle un petit nombre d'entreprises (  monopole, oligopole...) offre un bien, peut être efficiente à la condition expresse que l'absence de barrière à la sortie ( donc à l'entrée ) soit maintenue. Car la menace d'un entrant potentiel/virtuel sur un Marché poussera l'entreprise en place à pratiquer des prix équivalents à ceux de la CPP, d'où aucun profit anormal possible.
Le monopole n'est donc pas forcément inefficient.

- la transparence en question : H. SIMON va, quant à lui, remettre en cause le caractère d'omniscience de l'individu pour lui attacher non pas une rationalité substantive mais une rationalité limitée.

 Certaines remises en question des hypothèses libérales viennent aussi des théoriciens de la croissance endogène : P. ROMER, R. BARRO, R. LUCAS, qui remettent en selle le rôle positif de l'Etat dans la croissance par une intervention structurelle ( externalités positives ). 

 

    * Ces remises en cause semblent de surface uniquement, dans la mesure où le coeur de la théorie demeure inchangé et où le socle philosophique se voit sans cesse renforcé. 

H1. L'économie s'estime désormais en droit d'investir tous les domaines de la vie, de ramener toutes les valeurs aussi incommensurables soient-elles, à de purs calculs individuels coûts-avantages s'agrégeant à l'aune de la loi de l'offre et de la demande. 
G. BECKER  est le héraut de cette vision.  Il clame à qui veut l'entendre ( et son prix Nobel le prouve, il est entendu !! ), que tout peut être analysé en termes de comportement rationnel et de Marché : la famille, le mariage, le nombre d'enfants, les partis politiques, le crime… .  
" Toute question qui pose un problème d'allocation de ressources et de choix dans le cadre d'une situation de rareté caractérisée par l'affrontement de finalités concurrentes relève de l'économie et peut donc être traitée par l'analyse économique" G. BECKER  ( cité par BASLE. M et alii dans Histoire des pensées économiques. Les contemporains   Sirey  1988  ).

    Si l'on se fie à cette idée, la vie humaine est devenue unidimensionnelle. Le ressort de toute action serait mis à nu, ou pour le dire autrement toute subtilité de l'activité humaine peut être ramenée à un dénominateur commun qui comble d'ironie est une hypothèse de base de la vision libérale ( logique de la pyramide inversée, une hypothèse de base minime, peut tout expliquer ). 

H2. Sur la Raison. Avec la théorie des Anticipations rationnelles dont le tenant le plus connu est R.LUCAS, on assiste à une tentative de ramener la réalité au modèle, par le biais de la notion de prophétie auto-réalisatrice ( Cf. R-K. MERTON ). Puisque les agents anticipent la réalité aussi bien que le modèle ( qui rappelons-le est quasi-parfait ) alors ils créent la réalité à l'image du modèle. L'avenir va donc se conformer au modèle, le futur est revenu nolens volens dans le champ du rationnel, du moins sur le papier. 
De plus, selon E. PHELPS, ces mêmes anticipations rationnelles ont été élevées au rang de postulat du modèle NC, par une sorte de circularité troublante.


Approfondissement

    Pour se convaincre de la difficulté de rationaliser le présent et donc le futur : on peut...
lire l'ouvrage d' Oskar MORGENSTERN  Précision et incertitude des données économiques   ( 1950 )   Dunod   1972  
- se fier aux écrits de J-M. KEYNES   "(…) Du fait que notre connaissance de l'avenir est fluctuante, vague et incertaine (…) il n'y a pas de fondement scientifique sur lequel on puisse formuler de façon autorisée, quelque raisonnement probabiliste que ce soit. Nous ne savons pas, tout simplement." ( cités dans l'excellent ouvrage de L. ORIO et J-J QUILES.   L'économie keynésienne     Circa   Nathan   1994 p. 13 ).

Réflexion possible sur l'histoire des anticipations : prévision parfaite, anticipations adaptatives ( M. FRIEDMAN ), anticipations rationnelles ( R. LUCAS ), mais aussi anticipations irrationnelles, extrapolatives dans d'autres modèles...


H3. La dérive scientiste de l'économie est aisément perceptible. Nul n'est besoin d'être un observateur averti pour comprendre le rôle sans cesse croissant pris par les modèles mathématisés. Il n'y a pour s'en convaincre qu'à ouvrir un livre de R. BARRO, ou une revue spécialisée telle que la Revue Economique
On en revient au mythe fondateur de la mécanique newtonienne : celle de l'exploration d'un monde rationnel, harmonieux, dont les caractères fondamentaux sont supposés clos et définis par les concepts de causalité, stabilité, déterminisme, légalité et perfection. L'ensemble rendu nécessairement appréhendable par les mathématiques.

H4. La propriété : avec la théorie des droits de propriété, quelques auteurs ( ALCHIAN, BARZEL ) nous expliquent que si on garantit les droits de propriété ( avec leurs corollaires, libre transfert et autres ), la société sera conduite vers la situation la plus appréciable.

"La théorie des droits de propriété se propose de montrer comment différents types et systèmes de droits de propriété agissent sur le comportement des agents individuels et par là sur le fonctionnement et l'efficience du système économique, et comment dans une économie ou les rapports contractuels entre agents sont libres, le type et la répartition des droits de propriété qui assurent l'efficience la plus grande tendent à s'imposer". [ CORIAT 1995 ]

Ce mode d'analyse peut s'appliquer au cas de l'esclavage, au génome humain ( avec la notion de brevet ) et pourquoi pas à terme à l'air pur ( permis de polluer négociables ).  "les droits de l'homme sont simplement une partie des droits de propriété".     BARZEL  

 

    On peut se demander pour finir si le modèle néo-classique n'est pas un paradigme ( au sens de T. KUHN ) sur le déclin, puisque ses troupes reviennent sur certaines hypothèses clés... ou alors au contraire... s'il n'est plus un paradigme, dans la mesure où il est tellement diversifié désormais qu'il peut rendre compte de toutes les faces et interstices de la vie sociale ( Y. CROZET ).
On peut aussi avancer l'hypothèse que ce modèle tourne tellement en rond, qu'il n'est plus "réfutable" ( au sens de K. POPPER ) auquel cas il deviendrait une profession de foi qui sortirait du champ scientifique.

 

Conclusion

La théorie prônant le Marché aujourd'hui sans adversaire véritable ( car aucun système n'a pu soutenir son efficacité ), impose un nouvel ordre économique mondial, qui ébranle les structures et institutions héritées de la politique keynésienne d'après-guerre, mais aussi les bases de la morale chrétienne vieille de quelques siècles, dont elle est extraite et soumet nos sociétés à des enjeux de type existentiel.

"Le monde moderne est plein d'idées chrétiennes devenues follesBERNANOS [25 ]

Bibliographie

Livres

Conseils de lectures pour les élèves sur le sujet
en n°
1. GUESNERIE. R                L'économie de marché   ( 1996 )   Dominos  Flammarion  2000
en n°2  SAMUELSON. P-A et NORDHAUS. W    Micro-économie  ( 1992 )  Ed. d'organisation 14è Ed. 1997

- BASLE. M  et alii         Histoire des pensées économiques : les fondateurs    SIREY   Fév 1988
- BEITONE et alii 
      Economie  Sirey   2001
- BERAUD. A et FACCARELLO. G  Nouvelle histoire de la pensée économique Tome 1   La Découverte  1992
- BOSSERELLE. E                Les courants économiques et leurs enjeux     Top éditions   mars 1998
- CORIAT. C et WEINSTEIN. O   Les nouvelles théories de l'entreprise    Livre de poche 1995
- DI RUZZA. F  Essai sur l'histoire de la théorie de l'Equilibre Economique Général   Thèse  GRENOBLE  1976
- DI RUZZA. R    Eléments d'épistémologie pour économistes   PUG  1988
- DI RUZZA. R   Histoires, savoirs et pouvoirs en économie politique  Etudes et documents économiques 1990
- DOCKES. P et POTIER. J-P   Léon WALRAS   Oeconomica  2001
-  DUPUY. J-P              Le sacrifice et l'envie ( 1992 )   Calmann-Lévy 1996
-  DUPUY. J-P           Introduction aux sciences sociales     Ellipses  1992
-  DUPUY. J-P       Ethique et philosophie de l'action  Ellipses 1999
- GILDER. G        Richesse et pauvreté   Albin Michel 1981
- ECHAUDEMAISON C-D.  ( dir )  L'économie aux concours des grandes écoles de commerce   Nathan 1996 et 2000.
- FACCARELLO. G   Aux origines de l'économie libérale : Pierre de BOISGUILBERT    Anthropos   1986
- GODELIER. M       Rationalité et irrationalité en Economie   Economie et socialisme   1966
- GUESNERIE. R                L'économie de marché   ( 1996 )   Dominos  Flammarion  2000
- GUILLEBEAUD. J-C        La refondation du monde ( 1999 )    Points Seuil 2000
- KEYNES. J-M    La pauvreté dans l'abondance  Gallimard  2002  
- LONGUET. S                      Hayek et l'école autrichienne    Circa   Nathan    1998
- MARIS. B     Des économistes au-dessus de tout soupçon    Albin Michel    1990
-
MICHEL. R    La pensée contemporaine : les grands courants    4è Ed    Chronique sociale de France  Mars 1990
- PASSET. R  
  L'illusion néo-libérale ( 2000 )     Champs Flammarion    2001
- PICARD. P        Eléments de microéconomie    Montchrestien     1998  5è Ed.
- SAMUELSON. P-A et NORDHAUS. W                Micro-économie  ( 1992 )  Ed. d'organisation 14è Ed. 1997
- SCHOOYANS. M       La dérive totalitaire du libéralisme   Ed. universitaires     Oct. 1992
- SCHOTTER. A      Microéconomie    ( 1994 )  Vuibert   1996
- SMITH. A   Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations  ( 1776 ) GF- Flammarion 1991 
- SMITH. A    Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations  ( 1776 ) Oeconomica  2000
- VERGARA. F    Les fondements philosophiques du libéralisme    La découverte 2002

 

Articles

- DEFALVARD. H     "La main invisible : mythe et réalité du marché comme ordre spontané"   Revue d'économie politique     N°6    1990   pp. 870-883
- DUPUY. J-P  "L'Economie de la morale, ou la morale de l'Economie" Revue d'Economie Politique  1978  pp. 404-439
- LALLEMENT. J            "Economie politique et morale : l'héritage de Mandeville"  In Economies et sociétés série Oeconomia    Histoire de la pensée économique  PE N°18      12/1993   pp. 11-31
- PHELPS. E     " Marchés spéculatifs et anticipations rationnelles"  Revue française d'économie     été 1987   p. 10-25
- "Découverte de la microéconomie"     Cahiers français         jan-fév  1992
- Articles divers de la revue sciences humaines...



[1] SMITH ( Adam Smith Institute, Adam Smith web site ) n'était-il pas professeur de philosophie et d'économie aux universités d'Edimbourg puis de Glasgow. On peut se référer aux multiples casquettes de penseurs, comme LOCKE, MARX, HUME, KEYNES...et ou à  la fascination évoquée par B. MARIS, des économistes pour la psychologie ( cf. B. MARIS Keynes ou l'économiste citoyen  Presses de sciences po 1999 ).retour au cours
[2]
Il aura fallu une thèse à R. DI RUZZA  pour expliquer que ce qui était intrinsèquement important chez WALRAS, n'était pas en soi  sa "technologie" ( autrement dit sa formalisation à outrance ) mais sa philosophie ou plutôt sa "représentation de la réalité" qu'il se contentait d'appliquer à l'économie. retour au cours
[3]
"Partir des individus considérés comme libres de toute attache sociale, et voir dans la société la résultante de leurs comportements".retour au cours
[4]
"Les lois de la nature sont aussi celles de la raison".retour au cours
[5]
Ici on comprend mieux l'engouement extraordinaire que suscitent les mathématiques chez les économistes de la théorie néoclassique. retour au cours
[5 bis] KEYNES récuse cette thèse. Sur cette question fort controversée consulter ses écrits  "La fin du laisser faire" La pauvreté dans l'abondance  Gallimard  2002  p65-...
"La maxime laisser-nous faire est traditionnellement attribuée au marchand Legendre s'adressant ainsi à COLBERT, vers la fin du XVIIè siècle. Mais il ne fait aucun doute que le premier écrivain à utiliser la formule, et à l'utiliser en parfaite relation avec la doctrine fut le marquis d'Argenson vers 1751. [...] la tradition qui les associe aux physiocrates, en particulier à GOURNAY et à QUESNAY, trouve peu d'appuis dans les écrits de cette école, même si ces membres furent, à l'évidence, des partisans de l'harmonie essentielle des intérêts individuels et de l'intérêt général." p.65-66
retour au cours
[5-3 ] "En dirigeant ( son ) industrie de manière que son produit ait le plus de valeur possible, ( l'entrepreneur ) ne pense qu'à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d'autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions" A. SMITH La richesse des nations  cf. Bibliographie. retour au cours
[5- 4]
On retrouvera cette thématique au 20è siècle avec des auteurs comme FRIEDMAN ou certains partisans des Anticipations rationnelles qui valorisent la "norme" dans le domaine monétaire, mais pas celle du politique, celle d'une transcendance.  retour au cours
[6]
Fondateurs de ce courant C. MENGER ( 1840-1921 ), L. WALRAS ( 1834-1910 ), S. JEVONS ( 1835-1882 ) ; autres auteurs à connaître A. MARSHALL ( 1842-1924 ), V. PARETO ( 1848-1923 ), A.C PIGOU ( 1877-1959 )...retour au cours
[7]
les modèles économiques sont des expressions condensées, généralement sous forme d'équations, d'une théorie. retour au cours
[8]
Rationalité instrumentale : on peut citer l'exemple de G. BECKER : si j'ai froid aux pieds, la rationalité économique me pousse à acheter des chaussettes plutôt qu'un bateau. retour au cours
[9]
L' utilité marginale d'un bien est l'accroissement d'utilité ajouté par la consommation d'une unité supplémentaire du bien, les quantités consommées des autres biens étant inchangées. retour au cours
 [9 bis] cité par J-P DUPUY dans   Introduction aux sciences sociales  Ellipses 1992  p. 67 retour au cours
[10]
Utilité ordinale ( on suppose que le consommateur classe simplement des ensembles de biens selon la satisfaction qu'ils lui procurent ) remplaçant l'utilité cardinale ( utilité est mesurable ). retour au cours
[11]
Il existe des cas particuliers où l'élasticité de la demande par rapport au prix peut-être positive : biens de type GIFFEN ( "paradoxe de GIFFEN" Sir Robert GIFFEN avait observer durant la famine des années 1850 en Irlande, que les paysans augmentaient leur consommation de pommes de terre, alors que le prix de celles-ci était à la hausse ), dans le cadre de phénomène de snobisme ( art, bijoux..), en cas de spéculation à la hausse, lorsqu'un bien est remplacé par un autre plus apprécié ( CD remplace le vinyle...). retour au cours
[12]
On dira que l'entreprise est "price taker" : preneuse de prix. retour au cours
[13]
un bien consommé par un acteur A ne peut profiter à un acteur B, qui est donc exclu de l'usage du bien et se trouve sur le marché le rival de A. retour au cours
[14]
le contraire étant la viscosité. retour au cours
[15]
Le contraire étant l'opacité. retour au cours
[16]
"main invisible" pour SMITH ( Adam Smith Institute, Adam Smith web site ), rôle du commissaire priseur et des tâtonnements pour WALRAS. retour au cours
[17]
"ceteris paribus" en latin. retour au cours
[18] MARSHALL n'envisage pas l'ensemble des marchés mais il porte son attention sur un seul marché en faisant abstraction de son environnement économique. Ceci n'est possible que si l'on postule la constance de cet environnement. A cet effet, il utilise la clause ceteris paribus, c'est à dire "toutes choses égales par ailleurs" aux termes de laquelle dans son analyse, les goûts, les techniques et les revenus restent constants. retour au cours
[19]
 
[20]
"Les membres d'une collectivité jouissent, dans une certaine position, du maximum d'ophélimité, quand il est impossible de trouver un moyen de s'éloigner de très peu de cette position, de telle sorte que l'ophélimité dont jouit chacun des individus de cette collectivité augmente ou diminue. C'est-à-dire que tout petit déplacement à partir de cette position a nécessairement pour effet d'augmenter l'ophélimité dont jouissent certains individus, et de diminuer celle dont jouissent d'autres : d'être agréable aux uns, désagréable aux autres"
                                                                    V. PARETO
                Manuel d'économie politique  1906 retour au cours
[21]
M. FRIEDMAN (1976 ), G. DEBREU (1983), G. BECKER (1992), R. LUCAS (1995)…retour au cours
[22]
En France, nous avons le trio, A. MINC, J. ATTALI et G. SORMAN. retour au cours
[23]
Ces 3 fonctions sont appelées des fonctions "régaliennes" .retour au cours
[24]
Cf. A. SMITH ( Adam Smith Institute, Adam Smith web site ). retour au cours
[25 ] Cf. R.GIRARD cité par J-P. DUPUY  dans Ethique et philosophie de l'action .  retour au cours

 

mis à jour 08/2002
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